« J'ai eu très peur. J'ai cru que ça n'en finirait pas, qu'il ne lâcherait jamais mon mari...
» Micheline en tremble encore. Lundi, vers 20 h, un american stadffordshire terrier, communément appelé amstaff, s'est attaqué à plusieurs personnes, au coeur de la Grâce-de-Dieu, quartier populaire au sud de Caen. La scène s'est déroulée au niveau du 5, rue d'Etavaux, au pied d'un immeuble HLM, alors que Micheline et son mari Christophe étaient en train de décharger des courses de leur voiture.
Gravement mordu, Christophe, 32 ans, a dû être opéré au CHU. Bilan : une soixantaine de points de suture et 15 jours d'interruption totale temporaire (ITT). « Il a voulu arrêter le chien, raconte son beau-fils, Stanislas, 18 ans, également mordu au bras (10 jours d'ITT). Il lui a ouvert la gueule, mais le chien s'est retourné contre lui. La chair a été arrachée ; les muscles d'un bras et d'une jambe ont été touchés. »
Auparavant, à une centaine de mètres, un membre du cirque « Le Magic circus » et son garçon de trois ans ont aussi fait l'objet de morsures, mais sans gravité. « Mon fils était en train de jouer dans le sable quand il a été mordu à la tête », raconte le père de famille. Ce clown-acrobate a alors pris son enfant : « J'ai sauté sur le toit de la voiture, avant d'aller me réfugier dans la caravane... » L'amstaff a été arrêté, piégé dans une voiture. Malgré ses multiples blessures, Christophe a, semble-t-il, réussi à l'entraîner vers la Xantia familiale. « On l'a enfermé dedans », poursuit Stanislas, le bras en écharpe.
Le molosse marron clair, tâché de blanc, a-t-il attaqué en répondant à un ordre ? C'est la question que doivent élucider les enquêteurs de la brigade criminelle de la police. Le chien n'est pas arrivé tout seul dans le quartier. Après avoir bu tout l'après-midi dans un parc avec plusieurs individus, un résident du foyer Adoma (ex-Sonacotra), âgé de 24 ans, « décide d'aller « taper » son père, comme il le dit lui-même, pour acheter des cigarettes », précise François Nicot, procureur de la République de Caen. Il se retrouve avec le chien qui ne lui appartient pas.
Le père du jeune homme habite au rez-de-chaussée du 5, rue d'Etavaux. Une dispute éclate entre les deux. « Le chien mord le père sans volonté de son détenteur. » Là, les choses vont dégénérer. Le fils s'en va. « Dehors, celui-ci commence à battre « son » chien, poursuit le magistrat. Une altercation s'ensuit entre une famille qui vient de faire ses courses. Une femme se fait insulter. Deux témoins affirment que le possesseur du chien lui a ordonné d'attaquer. » Dans la confusion, deux jeunes gens de 15 ans et de 18 ans ont reçu des coups.
Placé en garde à vue depuis lundi soir, le Caennais de 24 ans désoeuvré sera déféré au parquet de Caen aujourd'hui. Selon son implication, il sera poursuivi pour violences volontaires avec arme par destination (le chien) ou violences involontaires, si l'amstaff excité s'est élancé sur ses victimes sans ordre.
Nathalie HAMON.
>CAEN, 27 août 2008 (AFP) - 18h32
Un chien mord quatre personnes: prison ferme pour son maître
Le détenteur d'un chien de combat qui a mordu quatre personnes dont un enfant de trois ans a été condamné mercredi en comparution immédiate à quatre ans de prison, dont six mois avec sursis, par le tribunal correctionnel de Caen. Lundi soir à Caen, l'american staffordshire terrier, avait blessé grièvement deux adultes de 18 et 32 ans sur ordre de son maître, âgé de 24 ans, alors en état d'ivresse. Le chien avait auparavant mordu spontanément un enfant de trois ans, sur le cuir chevelu au niveau de la nuque, et un adulte au genou. L'homme, sous tutelle, à qui le chien avait été confié provisoirement, a ordonné d'attaquer les deux adultes alors qu'on lui reprochait la morsure de l'enfant. Circonstance agravante, l'animal ne portait pas de muselière et n'était pas tenu en laisse comme l'exige la loi. L'american staffordshire est un chien dit de catégorie 2: chien de garde, de défense ou de combat, soumis à une réglementation. Il s'agit d'un croisement entre le bouledogue et le terrier. Un différent entre le jeune homme, son père et sa belle-mère ont sans doute créé une tension qui ont excité le chien, a avancé une source proche de l'enquête pour expliquer les deux premières morsures spontanées. Les deux principales victimes, dont l'une risque de perdre sa main selon l'accusation, se sont vu prescrire 15 et 10 jours d'ITT. Les deux autres, dont l'enfant, ont été "peu mordues", a précisé la source proche de l'enquête. Le tribunal correctionnel de Caen a globalement suivi les réquisitions du parquet qui avait requis la peine plancher de quatre ans de prison pour le jeune homme déjà condamné pour des vols. Selon la source proche de l'enquête, le chien devrait être mis à mort sur arrêté municipal ou préfectoral.
Analyse des faits et de la décision de justice
Nous sommes ici dans le cas d'une personne qui détenait illicitement un chien de seconde catégorie,chien soumis à règlementation.
Le jeune homme de 24 ans ne pouvait pas effectivement avoir sous sa garde (même tenu en laisse et muselé) un chien comme celui ci et ce pour les raisons suivantes:casier judiciaire et majeur sous tutelle.(ART L211-13 du code rural nouveau)